
Yonglee & The Doltang : Invisible Worker
Yonglee est un claviériste sud-coréen. Durant la pandémie de covid, il a réuni à Séoul des musiciens sud-coréens précipitamment rentrés de l’étranger. La synergie entre ces différents musiciens (outre Yonglee, un guitariste, un bassiste, un joueur de synthés et une batteuse) a donné des résultats encourageants qui ont débouché sur l’enregistrement de ce premier album, entièrement composé par Yonglee. Le groupe propose un jazz-rock-fusion-prog à très haut niveau de technicité et majoritairement instrumental (une chanteuse intervient quelque peu sur deux titres). Rien de bien nouveau, me direz-vous. En effet, on en connaît des tas d’albums fusion sans aucune originalité, trop « propres », répétant sans cesse les mêmes effets. Yonglee est parvenu à éviter ces écueils, d’abord grâce à la qualité réelle des compositions et des arrangements : ces dialogues entre les claviers et la guitare avec une section rythmique solide sont d’une efficacité saisissante tout comme les chorus, brillants et étonnants. En outre la technicité évidente n’empêche en rien une sensibilité perceptible et une recherche de climats mélodieux (on est loin d’une musique faite uniquement pour techniciens de leur instrument, ce qui serait profondément ennuyeux et nombriliste). Des titres comme « Shell » ou « Chit-Kong » sont d’éclatants échantillons de cette réussite et révèlent toutes les influences du groupe : le rock progressif à coup sûr, mais aussi un jazz contemporain par ses contretemps et cette volonté affirmée d’improvisations. Un groupe à suivre qui propose déjà, dès son premier album, une musique splendidement interprétée et d’une grande fraîcheur. Très recommandable.