Fiers d’être belges

Fiers d’être belges

Il y a un an exactement, à l’occasion de la fête nationale, l’équipe de JazzAround (nous ne parlions pas encore de « mania » à l’époque…) s’était concentrée sur le thème de l’identité culturelle… Avec une question que nous reformulons un an plus tard… Il sera plus compliqué de s’enthousiasmer pour un concert lors de cette année perdue… Mais néanmoins, il s’est passé des choses dans nos plates plaines et pentes escarpées nationales… Alors ?! Fiers ?

Nathalie Loriers © Robert Hansenne
Thomas Champagne © Robert Hansenne

En ce qui me concerne, je m’attarderai sur deux albums, de véritables pépites… Tout d’abord, « Le temps retrouvé », par le trio Nathalie Loriers, Tineke Postma et Nicolas Thys. Un CD publié chez Igloo. La pianiste namuroise, la saxophoniste alto néerlandaise et le contrebassiste bruxellois pratiquent une interactivité parfaite. Troisième album, après « Le peuple des silencieux » et  « We Will Really Meet Again », qui démontre toute la complicité empathique entre le lyrisme mélodique de la Namuroise et la fougue de la Néerlandaise, le tout porté par une contrebasse inventive.

Ensuite, le Random House (feat. Adam O’Farrill), « Tide », également publié chez Igloo. Quatre Belges aventureux (Thomas Champagne au saxophone alto, Guillaume Vierset à la guitare, Ruben Lamon à la contrebasse et Alain Deval à la batterie) à la rencontre d’un fougueux trompettiste américain, Adam O’Farrill, qui a côtoyé Ellery Eskelin. Des compositions personnelles des trois protagonistes, d’une réelle originalité.

Nathalie Loriers, Tineke Postma et Nicolas Thys
Le temps retrouvé
Igloo Records

Chronique JazzMania

Random House (featuring Adam O’Farrill)
Tide
Igloo Records

Chronique JazzMania

Claude Loxhay

Est-ce parce que j’ai eu le plaisir de participer à sa rédaction ? Mais le coup de cœur que je mettrai à l’honneur cette année est le livre que Michel Mainil a consacré à l’objet de toutes les curiosités qu’est le bien nommé José Bedeur. « Memories of You » porte bien son nom, tant la vie de ce contrebassiste est riche de rencontres, de réflexions, de hauts et de bas, de philosophie et d’amour de la vie. La vie d’un artiste dans tous les sens du terme, témoin humoriste et historique d’une époque où les musiciens pouvaient jouer pour le fun, alors qu’aujourd’hui, finances et financement sont – réalité oblige – les maîtres mots de beaucoup de concerts. Un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (air connu)…

L’auteur de ce bel ouvrage parsemé de photos et témoignages est le saxophoniste Michel Mainil, ex-directeur musical au théâtre de La Louvière, compositeur, grand voyageur et surtout curieux de tout. Sa philosophie et son plaisir de la rencontre de « l’autre » l’auront incité à profiter du temps du confinement pour mettre des mots sur les quarante années d’amitié et de rires qu’il a entretenues avec ce joyeux drille de José Bedeur.

« Memories of You »  est mon coup de cœur et j’espère que vous prendrez le temps d’ouvrir le vôtre pour découvrir ces deux grandes personnalités du jazz… et de la vie. Bonne lecture !

Michel Mainil
José Bedeur : Memories of You
Bossa Flor Editions

Chronique JazzMania

Etienne Payen

Sal La Rocca quintet © Didier Wagner

Julien Tassin © Didier Wagner

J’ai choisi deux musiciens, deux générations… D’abord, Sal la Rocca, dont le quintet représente magnifiquement la mixité du jazz belge… Julien Tassin ensuite, un jeune talent représentatif de la richesse de notre jazz.

Sal la Rocca : le portrait de Didier Wagner

Julien Tassin
Moondancer
Igloo

Chronique JazzMania

Didier Wagner

En parcourant les pages que j’ai planifiées ces douze derniers mois, j’ai été particulièrement impressionnée par une vidéo tournée en plein cœur du Passage Lemonnier, à Liège. Cette vidéo accompagnait un article à propos du duo La Jungle, à l’occasion de la sortie de leur nouvel album. Quelle énergie ! Quelle intensité ! Comme je regrette de ne pas avoir traversé cette galerie commerciale à ce moment-là !

La vidéo

L’interview de La Jungle sur le site de JazzMania

La Jungle
Fall off the Apex
A tant rêver du roi / Black Basset / Rockerill

Chronique JazzMania

Isabelle Dechamps

Fier d’être belge en 2021 ? Oui,pour le soutien de toute une équipe et des fans de jazz, aussi bien à JazzMania que Jazz’Halo, et la continuation d’une collaboration européenne qu’on espère encore voir s’étendre.
En 2020/2021, c’est aussi la sortie de l’album magnifique de Margaux Vranken, une jeune génération féminine qui montre la voie.

Mars 2021, JazzMania s’associe à quatre autres webzines européens pour rendre hommage à la scène jazz féminine.

Margaux Vranken
Purpose
Igloo

Chronique JazzMania

Jean-Pierre Goffin

Photo An Pierlé © Annie Boedt

Pour ma part, c’est An Pierlé qui m’a fait la plus grosse impression… Indissociable de son « homme », Koen Gisen, la blonde Gantoise a combattu simultanément une maladie à haut risque et une bonne série de clichés qui voudraient qu’une ex-star du rock ne pourrait pas nous proposer un album de jazz de haut vol. Une petite merveille qu’elle a enregistrée avec la crème de la nouvelle génération flamande. « Wiga-Waga », c’est un pied de nez aux destins, un nouveau départ !

L’interview de An Pierlé et Koen Gisen pour JazzMania.

An Pierlé Quartet
Wiga-Waga
Helicopter / W.E.R.F. / N.E.W.S.

Chronique JazzMania

Yves «JB» Tassin

Dans le domaine musical, l’artiste belge qui m’a le plus impressionné  ces derniers temps est la chanteuse bruxelloise Typh Barrow. Un répertoire tout en anglais et proche de la soul, du jazz et du R&B, boosté par un timbre de voix exceptionnel, grave, riche et nuancé. Son bagage est  parlant : chant, piano, composition. Sa notoriété est de plus en plus grande et ses succès sont amplement mérités.

Typh Barrow
Raw Tour
www.typhbarrow.net

Robert Sacre

J’ai senti le piège quand notre rédacteur en chef adoré nous a demandé nos coups de cœur belges de ces douze derniers mois, en insistant sur le rapport (« si possible ») avec la musique. Impossible pour moi de ne pas résister à contourner la chose. Un petit détour déjà via la littérature et ce « Kerozene », le second livre d’Adeline Dieudonné. Adeline est fan de metal ! Mais pas le gentil hard rock. Non, tout ce qui crie, fait du bruit…. Du doom, du trash… Elle l’écoute au casque tout en écrivant… Je n’avais pas été totalement convaincu par « La vraie vie », son premier roman. Comme beaucoup d’hommes d’ailleurs… Mais la gent féminine avait craqué. Par contre, qu’est-ce que son nouveau livre est jouissif ! Même si sa maman se demande ce qu’elle a bien pu lui faire pour qu’elle écrive « des horreurs pareilles ». On va suivre le destin de quinze personnages, dont un cheval et un cadavre, qui vont se croiser dans une station-service. C’est drôle, cru, trash, dingue, impensable parfois. Si ce n’est fait, ruez-vous sur ceci… Sauf si vous êtes membre de l’association Gaia !

Vous prônez l’achat en circuit court pour vos légumes ? Faites-en de même pour la lecture en commandant directement à Jean-Pierre Froidebise (oui, le guitariste) son premier livre « Manuel de survie à l’usage des artistes en milieu hostile » (un petit mot sur messenger et 18 euros frais d’envoi compris). Il y condense des réflexions, des avis sur le monde, sur la vie, sur ces petites choses qui nous entourent : l’écologie, l’évolution, la musique et ce qui gravite autour. C’est très juste, aussi fataliste… On regrette parfois que ce soit la réalité, mais c’est bourré d’humour, parfois noir, voire très noir ! Coup de cœur.

Quelques expos maintenant. Celle de Giacometti à la Cité Miroir. Superbe. Le rapport musical ? Les corbeaux de la dark wave auront certainement apprécié ces sculptures, élancées, fines et toutes noires ! Et Warhol à La Boverie. Ne serait-ce que pour voir enfin la banane épluchée de l’album du Velvet Underground ou la lithographie du single « Love You Live » des Stones. Sans oublier le photographe américain Joël Peter Witkin qui est venu secouer le musée de la photographie de Charleroi avec ses mises en scènes perturbantes. Si ça ce n’est pas rock’n roll !

Et on y arrive au rock avec deux « machines » bien efficaces aussi bien sur disques que sur scènes. A savoir les Liégeois de It It Anita (« Sauvé ») et les Montois de La Jungle  (« Fall off the Apex »). De la bombe et de la dance. Et de beaux vinyles. Quant au rayon jazz, je pointerai l’album « Great Expectations »  de Zwerm, un groupe flamand composé de quatre guitaristes et d’un batteur, produit par Rudy Trouvé. Je n’ai pas encore écrit la chronique mais c’est du tout bon. Et mon petit coup de cœur final ira vers le batteur liégeois curieux de tout, Alain Delval, membre entre-autres de The Brums et Ginger Bamboo. Et dont le projet solo et techno Bothlane (EP 5 titres « Nog » uniquement disponible en digital sur Luik Records), ose le concept batterie / machines avec un « seul en scène ».

Ce qui m’amène au théâtre où ce fut le vide sidéral ! Prenez soin de vous et de moi par la même occasion !

Jean-Pierre Froidebise au festival « ça jazz à Huy » ‐ Focus de JazzMania.

Jean-Pierre Froidebise
Manuel de survie à l’usage des artistes en milieu hostile
Le livre en papier

Adeline Dieudonné
Kerozene
L’Iconoclaste

Claudy Jalet