Gaume Jazz Festival ‐ 37ème édition ‐ 6-7-8 août 2021 à Rossignol

Gaume Jazz Festival ‐ 37ème édition ‐ 6-7-8 août 2021 à Rossignol

L’été 2021 sera celui du retour des festivals ! Le « Gaume Jazz », lui, ne s’est jamais arrêté… Après une édition 2020 en jauge réduite, avec un programme rétréci certes, mais toujours aussi aventureux (ah ce concert de Paul Lay et Isabelle Sörling qui revient cette année !), la 37ème édition sera complète, avec une jauge encore incertaine, mais une programmation toujours aussi passionnante.

Le « Gaume Jazz », comme le rappelle Jean-Pierre Bissot, est un festival qui, depuis ses débuts en 1985, défend des valeurs : le mélange entre stars et jeunes talents, la diversité des esthétiques proposées, qui vont du jazz traditionnel aux musiques transgenres, une attention à la qualité du son (une nouvelle fois supervisé par Daniel Léon), le soin mis à soutenir les créations, tout en veillant à maintenir une ambiance familiale, l’esprit de fête au village, sans oublier la défense de projets pédagogiques avec ses stages.

Innovation cette année un peu forcée par la situation sanitaire, le parc verra la présence de deux chapiteaux. On notera aussi le retour de concerts dans l’église et les traditionnels amphithéâtre et salle du Centre Culturel.

Michel Hatzigeorgiou (Aka Moon) © Didier Wagner

Des grands noms

David Linx présente son nouvel album (sorti en mars 2020 tout de même, mais encore inédit sur scène) avec une équipe superlative : Grégory Privat au piano (vu aussi en Gaume aux côtés de Lars Danielsson ), Manu Codja à la guitare, Chris Jennings à la contrebasse et Arnaud Dolmen à la batterie.

Aka Moon qu’on ne présente plus : sa dernière apparition à Rossignol a secoué la grande scène avec le « Scarlatti Book ». Cette fois, le trio de martiens s’attaque à la « sonate opus 111 de Beethoven ». Fabrizio Cassol, Michel Hatzigeorgiou et Stéphane Galland seront entourés des trois invités du disque : Fredy Massamba au chant, Fabian Fiorini au piano et Joao Barradas à l’accordéon.

Combien de fois Eric Legnini a-t-il foulé les planches du Parc de Rossignol ? On ne les compte plus. Cette fois, ce sera avec le projet « Six Strings Under » avec Thomas Bramerie et l’incroyable guitariste Rocky Gresset.

Majid Bekkas est lui aussi un habitué des lieux. Avec sa dernière création sur le label ACT, encensée de toutes part, il fait se rencontrer l’Afrique du Nord et la Scandinavie, avec le trompettiste Goran Kafjes (qui joue sur la trompette de Don Cherry), le claviériste Jesper Nordenström et les percussions de Stefan Pasborg. Ces quatre-là forment le Magic Spirit Quartet, un projet qui mêle tradition africaine, minimalisme nordique, acoustique et électronique.

Vincent Peirani et Emile Parisien, c’est une paire devenue indissociable… Combien de projets communs ? Entre groupe élargi pour un hommage à Joe Zawinul et une version en duo, aucun de leurs projets ne laisse indifférent. « Abrazo » et les senteurs du tango leur va à merveille. Il met en évidence l’interaction constante, la communion entre deux artistes majeurs de ces dernières années.

Tuur Florizoone © Didier Wagner

Des valeurs sûres…

… qu’on classerait volontiers parmi les têtes d’affiche.
Diederik Wissels, au jeu sensible et raffiné, nous fait découvrir la voix d’Ana Rocha, magnifique, élégante et nuancée. Avec deux complices qu’il connaît bien : le trompettiste grec Andreas Polyzogopoulos ( avec lequel il vient de sortir un album en duo) et Helge Andreas Norbakken qu’il a fréquenté notamment dans un projet avec David Linx.

Tuur Florizoone et son projet solo « Night Shift » se produira dans l’église de Rossignol.

« Ear We Are », un projet qui porte bien son nom tant l’écoute est prioritaire entre Ivan Paduart et Patrick Deltenre, deux complices réguliers qui se connaissent sur le bout des cordes, de l’ébène et de l’ivoire.

« Back to the Roots », le dernier album de Dominic Ntoumos, vient d’être élu meilleur album de l’année aux Octaves de la Musique, que dire de plus d’un projet qui touche à tous les niveaux d’une échelle de sensibilité, de la mélancolie profonde à la folie la plus débridée ?

En ouverture de festival, ce sera du lourd : 14 musiciens ! Le Jazz Station Big Band qui, sous la conduite de Stéphane Mercier, s’est fait une solide réputation, en invitant à l’occasion des solistes comme Grégoire Maret ou le pianiste anglais Jason Rebello.

Des découvertes

Pour les habitués du label ECM, la pianiste allemande Julia Hülsmann n’est plus une découverte, ses albums n’ayant pas échappé aux radars des amateurs de jazz raffiné au lyrisme constant. Elle sera associée pour un duo à deux claviers à Sunna Gunnlaugs, pianiste islandaise biberonnée à la musique de Bill Evans.

Une première belge : la violoncelliste et chanteuse Ana Carla Maza, fille d’un pianiste chilien et d’une guitariste cubaine. On ne pouvait mieux faire pour chanter la bossa nova et la habanera cubaine. « Sa musique, ce sont des oiseaux multicolores qui dansent au-dessus de nos têtes ». Tout est dit.

Elle est membre du LABtrio qui a révélé Bram de Looze et Lander Gyselinck. La contrebassiste Anneleen Boehme s’est lancée dans le solo au Bel Jazz Fest 2020 et a séduit. Elle remet le couvert en Gaume pour un voyage musical attendu.

«J’aime les mélodies un peu pop, qu’on continue à fredonner une fois le concert terminé.» Jean-Baptiste Berger

Jean-Baptiste Berger est un saxophoniste français qui sait s’entourer. La preuve ? Il a recruté Igor Gehenot et Lorenzo di Maio dans son quintet !  Ajoutez-y le batteur Jérôme Klein et Tommasso Montagnani et vous avez le quintet de l’album « Persuasive », classé « indispensable » par la revue « Jazz News » :
« J’étais déjà venu au Gaume Jazz avec le trio Cadillac Palace dans lequel se trouvait déjà Jérôme Klein, un peu influence rock. C’est lors de cette édition que j’ai rencontré Igor Gehenot et Lorenzo di Maio. Et c’est un peu suite à cette rencontre que le projet est né… J’ai vraiment rencontré deux musiciens avec qui, potentiellement, j’avais envie de faire de la musique, d’écrire. Je leur ai proposé mes compositions qu’ils ont tout de suite appréciées. A l’origine, je faisais du classique, j’ai aussi beaucoup écrit pour la pop, des choses variées. En France, on vous place vite dans des étiquettes, et avec ce groupe, je me suis immédiatement trouvé en accord avec moi-même. Ayant beaucoup travaillé avec des chanteuses, je me suis demandé si il fallait une voix… et finalement, la voix, c’est mon sax. Je sortais d’une période où j’écrivais des choses compliquées. Le moment était venu de casser un peu cela, de me retrouver dans une cour de récréation, où je laisserais les clés de la musique aux autres musiciens. J’aime les mélodies avec un côté un peu pop, qu’on continue à fredonner une fois le concert terminé, puis aussi le côté voyage que je souhaite rendre dans ma musique. On a répété trois jours avant d’enregistrer. On a pas mal tourné avant le covid et ça marchait très bien. J’ai beaucoup de fierté de présenter ce projet en Gaume. »

«Mon idée était de rassembler des gens familiers avec le jazz et l’improvisation, mais avec une instrumentation qui permettrait de faire des parallèles avec d’autres genres.» Mathieu Robert

Pas de Gaume Jazz sans cartes blanches…

… à Mathieu Robert :
« Je viens de Mons, j’ai étudié au Conservatoire de Bruxelles avec la crème de la crème en Belgique. J’aime faire partie de collectifs où j’amène mon son. Pour le Gaume Jazz, c’est vraiment une création, un nouveau projet, un nouveau groupe qui rassemble des gens avec qui j’ai déjà collaboré, à l’exception de Stan Maris (le fils de Bart Maris) à l’accordéon. Mon idée était de rassembler des gens familiers avec le jazz et l’improvisation, mais avec une instrumentation qui permettrait de faire des parallèles avec d’autres genres. C’est important de jouer avec des gens qui me mettent en confiance. En tant que saxophoniste soprano, un instrument qui n’est pas toujours très représenté, j’ai voulu mettre en avant d’autres instruments qui sont un peu dans le même cas dans le jazz. Je veux parler du violon, de l’accordéon, du banjo. Ces gens qui m’entourent me touchent aussi humainement et musicalement. Ils ont tous le sens de la recherche du son, du timbre sur leur instrument. Je ne sais pas encore comment la musique va réagir, car à ce stade, il y a encore pas mal de travail d’écriture. J’ai envie de laisser beaucoup de place pour la rencontre, pour l’improvisation. J’aime proposer une musique assez minimaliste, axée sur le son et la rencontre du moment. J’ai joué l’an passé au Gaume avec Guillaume Vierset et en duo avec Pierre Vaiana. »

«Quand j’ai eu la chance que Jean-Pierre Bissot me contacte, Je me suis demandé ce qui serait cohérent avec mon parcours.» Rémy Labbé

… à Rémy Labbé :
« Je suis un peu le « local de l’étape ». J’ai suivi une formation à Boston, puis un master à la Manhattan School of Music, avec Jim McNeely. Je m’intéressais beaucoup aux big bands et j’ai eu pas mal de petits boulots comme arrangeur, notamment pour Arthur O’Farrill où il fallait arranger pour des voix. Je me suis retrouvé à faire pas mal d’arrangements pour le big band de Genève, curieusement souvent pour des chanteuses et de là je me suis trouvé dans le milieu de la chanson. Quand j’ai eu la chance que Jean-Pierre (Bissot) me contacte, je me suis demandé ce qui serait cohérent avec mon parcours. Je me suis dit que je ferai quelque chose autour de la chanson, que j’allais réarranger des classiques. Mais finalement ce sera plutôt mes chansons, mes compositions sur un format assez facile. J’aime ce qui est groove. Je me suis entouré de vieux copains que j’ai connus aux Etats-Unis : Raphaël Pannier à la batterie, qui est déjà venu au Gaume avec moi en trio en 2014, Amaury Faye au piano, un vieux compère aussi, Alex Gilson à la contrebasse, qu’on voit souvent en Belgique et qui habite à Paris comme moi maintenant. Je pense mettre mon matériel original que je suis en train d’écrire sur la scène.»

«Ce sera la première fois que je pourrai jouer en live la musique de mon album sorti en novembre, ça me réjouit.» Margaux Vranken

… à Margaux Vranken :
« Je remercie déjà le Gaume Jazz qui me permet cette année de connaître une double expérience : à la fois celle d’une création, mais aussi le stage des « P’tits Gaumais du Jazz », une expérience globale. Ce sera la première fois que je pourrai jouer en live la musique de mon album sorti en novembre, ça me réjouit. Il y aura neuf musiciens avec le quatuor à cordes. Farayi Malek, la chanteuse de l’album enregistré à Brooklyn, et les autres musiciens américains ne pourront être présents, mais l’équipe avec laquelle je me produirai en Gaume sera composée de musiciens avec lesquels j’ai l’habitude de jouer : Fil Caporali à la contrebasse, Daniel Jonkers à la batterie, Tom Bourgeois au saxophone. Quant à la chanteuse, elle sera remplacée par Marylène Corro et Stacy de Bruges (une Française qui chante sur mon prochain album que je viens d’enregistrer) et le quatuor à cordes « Another String Quartet.»

Et le Jazz Off
Là aussi un programme se prépare avec Anneleen Boehme, sur le site de Montauban, le dimanche. Quasi une tradition. Nathalie Loriers proposera une sieste musicale avec Jacques Pili aux bols tibétains. Aussi Guy Verlinden… et plein d’autres choses à venir.

Tout le programme se trouve en détails sur le site www.gaume-jazz.com, ainsi que les protocoles à venir en fonction des décisions prises par le Comité de concertation.

La réservation est ouverte le 1er juin et est vivement recommandée sur le site.

JazzMania et l’édition 2021…

David Linx : Skin in the Game (Cristal Records)

Aka Moon : Opus 111 (Outhere)

Majid Bekkas : Magic Spirit Quartet (ACT)

Diederik Wissels / Ana Rocha : Secrecy (Igloo)

Ivan Paduart et Patrick Deltenre : Ear We Are (Igloo)

Tuur Florizoone : Night Shift (Aventura Musica)

Dominic Ntoumos : Back to the Roots (autoproduction)

Le Jazz Station Big Band & Grégoire Maret : Live in Dinant (Hypnote)

Jean-Pierre Goffin